miss kittin : Une DJette peut cacher une musicienne..."
Caroline Hervé aka
Miss Kittin, la fille dont tout le monde parle en ce moment, magazines de rock et féminins inclus. A la recherche de quelques sonorités
électroniques pour refroidir un peu mon bureau en ce début juin caniculaire, j'ose ce
I Com à la pochette qui ne paie pas de mine. Sans tous ces bruits échappés des rave-party où la demoiselle a officié en tant que DJette, l'amateur de grosses guitares et de
rock n'roll dans ton garage craquerait-il aisément pour ce tatouage et cette épaule découverte en pochette ?"
son rôle :Artiste majeure de la scène électro française et internationale,
MISS KITTIN est avant tout issue de la génération
rave/techno. Déjà à son actif, des collaborations vocales avec les plus grands :
THE HACKER, FELIX DA HOUSECAT, DETROIT GRAND PUBAHS, SVEN VATH ou GOLDEN BOY...son enfance :"Je suis née à Grenoble en 1973. Comme mes parents étaient encore très jeunes à l'époque, il y avait tout le temps pour la musique à la maison, on écoutait
Genesis, Supertramp, Miles Davis, Philadelphia Sound, Maria Callas, Pink Floyd et bien sûr,
les Beatles. Je me souviens de ma mère faisant le ménage en écoutant les 4 Saisons de Vivaldi... Vers l'âge de 6 ans, je jouais souvent du piano chez mes grands-parents pour m'amuser, en essayant de reproduire les mélodies que j'entendais à la radio. Ils m'ont payé des leçons de piano mais j'ai arrêté au bout de deux ans. J'ai aussi fait de la danse classique de 5 à 22 ans. " -miss kittin-
ses études :"Après un bac « éco » en 1990, j'ai étudié l'art, d'abord à Marseille en 91 puis l'art contemporain aux Beaux-Arts de Grenoble en 93-94. J'ai terminé mes études avec un diplôme en design graphique à Amiens en 95 avant de me lancer complètement dans le DJing. " -miss kittin-
la révelation rave :"Ma première rencontre avec la musique
électronique s'est passée dans un club new-wave à Grenoble où j'ai rencontré
The Hacker. Pour le réveillon de l'année 90, des DJs de Valence y ont joué *Bacalao*, le tube
techno-dance espagnol. Le club est rapidement devenu un club dance où l'on jouait
U96, 2 Unlimited, Usura et
Transformer 2. Comme j'avais besoin d'argent, j'ai proposé au boss de devenir go-go dancer comme à Ibiza, jamais nue, juste pour le spectacle. Les premiers DJs invités que j'ai vu sont
Jack De Marseille,
Anthony et Jeff Valle. Une semaine plus tard, mes amis et moi sommes allés à notre première rave party : La révélation !
KLF, LFO, Aphex Twin, Autechre et les premiers disques du label Warp sont devenus nos disques de chevet. Les Alpes devenaient alors la scène club la plus intéressante de France.
En 1993, la scène rave bouillonnait, on traversait le pays en écoutant à fond des club tapes belges et des DJ sets, on ne vivait qu'en attendant le week-end à la recherche des meilleurs DJs qui nous feraient danser. Nos meilleurs souvenirs de soirées sont
Borealis #1 à Montpellier et la soirée improvisée
Spiral Tribe près de l'aéroport d'Orly juste après qu'ils aient échappé de justesse à des poursuites judiciaires en Angleterre. Un peu après, la tribu est restée dans notre ville natale et a organisé des soirées clandestines mémorables dans les bois.
Liza N´Eliaz et
Electric Indigo sont devenus des héros locaux. Nostalgie,
folie et liberté sont les mots qui décrivent parfaitement cette époque complètement folle qui nous manque parfois." -miss kittin-
ses débuts :"En 1994, j'ai réalisé mon premier mix chez mon petit ami à la suite d'une petite embrouille assez drôle à propos de sa technique. Il a raté un mix, je lui ai expliqué mon point de vue, il l'a mal pris et il m'a dit de le faire moi-même. J'ai réussi du premier coup. Naïve comme j'étais, je me suis dit que c'était facile et j'ai acheté mes premiers disques :
*Fuse* de
Richie Hawtin,
*Protein Valve* de
Robert Hood sur M plant, Pizzaman... Encore étudiants, nous avons créé
"Swift Tuttle" avec quelques amis, un collectif qui proposait de la déco pour des rave parties. Comme ça, on pouvait rentrer gratuitement dans les soirées et se faire un peu d'argent de poche. Nous avons organisé notre première soirée illégale dans un ancien fort militaire dans les montagnes. J'ai joué des disques pour la première fois dans la chill out room sur une seule platine. C'est aussi la première fois que le nom de
'Miss Kittin' apparaissait sur un flyer.
Trois mois plus tard, je jouais officiellement dans ma première soirée avec
Eric Rug,
Bertrand et
Miloch. Chez moi, je n'avais pas de platine, juste une boîte en plastique avec 20 disques. Je séchais les cours pour m'entraîner chez un ami avant les soirées. Après trois mois à travailler comme caissière dans un hypermarché, je me suis achetée deux platines Technics d'occasion qui venaient d'une station de radio. Je les utilise encore aujourd'hui. J'ai ensuite intégré l'agence de booking Tekmics créée par mon ami Miloch.
En 95 et 96, j'ai commencé à beaucoup jouer dans le pays, tout d'abord aux célèbres raves clandestines Dragon Bal dans le Sud mais aussi à Chicago pour
Mike Dearborn et à Moscou. Après quelques problèmes à la fac, j'ai décidé d'arrêter mes études au moment où le DJing occupait déjà la moitié de mon temps. Pendant l'été, j'ai rencontré
DJ Hell à Marseille, il venait juste de lancer son label
"International Dj Gigolo" et je lui ai fait écouter une cassette avec des boucles que j'avais faites avec une TR808 chez des amis à Genève. Il m'a demandé si j'en avais d'autres.
De retour à Grenoble, j'ai appelé
The Hacker et nous avons enregistré le morceau
Frank Sinatra dans le studio de Kiko au dessus de son magasin de disques. Nous l'avons envoyé à
DJ Hell sans aucun autre morceau sur la cassette. Quelques semaines après, il en jouait déjà une version dub plate. Il m'a invitée à Munich pour jouer au légendaire club Ultraschall. C'était ma première visite en Allemagne.
Le DJing est mon activité principale, je travaille chaque week-end dans des clubs ou des festivals depuis 1994. J'ai commencé par des sons de
hard techno-acid :
Drop Bass Network, Analog, Interr-Ferrence, Force Inc, SP23 jusqu'à la
techno de Detroit et la techno expérimentale. J'imagine que c'était une façon d'exprimer une agressivité adolescente tardive. Avec l'expérience, je me suis orientée vers une musique plus douce et plus ouverte.
En fait, je joue tout ce qui me plaît : de la
techno minimaliste en passant par
la deep jusqu'à la
kicking techno ainsi que des
morceaux rigolos ou bizarres, des
classiques,
de l'electro, peu importe. C'est pour cela que j'ai du mal à décrire mon style. Un set monotone de 2h m'ennuie vraiment. Si je ne m'amuse pas, je ne vois pas comment je pourrais amuser les gens.
D'une certaine façon, le DJing est quelque chose d'égoïste. Je le crie haut et fort :
je ne le fais pas pour les gens. Je n'ai jamais prétendu éduquer le public, je partage juste quelque chose de profond en moi et je le fais sérieusement parce que j'aime ça. Michael Mayer (Kompakt records, Cologne) a dit :
“Il faut s'amuser de manière sérieuse”. Il s'agit avant tout d'un travail et on ne devrait jamais perdre de vue qu'être payé pour donner du plaisir aux gens est un grand privilège. Si les risques que je prends quand je mixe sont ma marque de fabrique,
ma priorité est toujours de faire danser ceux qui me font vivre. C'est une question de respect. Je pense posséder une technique assez bonne qui remonte à ma période
acid mais je considère que ma meilleure arme, c'est de me concentrer sur les choix musicaux.
J'adore jouer des disques, c'est sûrement la chose que je fais le mieux dans ma vie. Je le fais parce que je m'amuse beaucoup et parce que ça me rend libre, ça prend parfois un côté assez méditatif. Avec les disques, rien n'est préparé, chaque disque a son importance. Je compare souvent un DJ set à une partie de tennis où chaque balle compte. Mais les gens me connaissent plus pour ma voix même si je n'ai jamais pris de cours de chant." -miss kittin-
dj en tant que femme :"On ne peut rien faire contre la starification des DJs. Même si je suis contre, car nous ne faisons que jouer des disques, les gens ont toujours eu besoin d'icônes. En tant que femme, je suis fière de faire partie de la minorité. Q
Je ne peux pas dire que j'ai été directement victime du machisme mais c'est un fait, nous gagnons généralement moins que les hommes et c'est triste à dire, mais on réussit rarement quand on est grosse et laide. quand on mixe, les gens regardent d'abord notre look, notre visage, nos fringues, notre maquillage. Si les DJs masculins ont souvent beaucoup de succès auprès des filles lorsqu'ils sont célèbres, ça n'est jamais le cas directement pour nous. Alors que l'attitude groupie est quelque chose de très féminin, cela arrive que les hommes fantasment sur nous mais ils ont généralement trop peur de nous approcher et je dois dire que cela m'arrange bien !!! "-kittin-
ses albums :2001 - first album
2003 - radio caroline vol 1
2004 - happy violentine
2004 - requiem for a hit
2004 - professional distortion (single)
2004 - i com (meet sue be she, kiss factory)
2005 - mixing meconcerts à venir :-
10 novembre ,23h , bordeaux, 4 sans
12 euros
-
12 novembre , 19h ,gand/gent ,flanders expo
avec underworld ,dave clark ,tiga et mattew dear
37.75 euros
pour en savoir plus sur
miss kittinmon avis perso : je n'ai que le cd
"i com" de
miss kittin mais j'aime beaucoups ce cd , et tout particulièrement
"meet sue be she", et
"kiss factory" . j'adore sa voix.